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Promotion et recherche en psychothérapie
d’après la méthode du Docteur Vittoz

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La méthode Vittoz pour habiter l’instant présent.

Élaborée par le Dr Roger Vittoz,médecin protestant (1863-1925),cette thérapie très concrète rencontre un succès croissant.

Entretien avec Rachel Richard,praticienne Vittoz, de l’Association Roger Vittoz.

« La méthode Vittoz nous permet d’habiter pleinement nos actes » Dossier « Avec Dieu, oser goûter l’instant présent » Interview Rachel Richard, praticienne Vittoz (1) à Brissac-Quincé (Maine-et-Loire) « J’ai souvent des patients qui se plaignent d’avoir « trop de choses à faire ». Comment leur faire vivre l’instant présent ? Le danger, ce serait de chercher une recette. Mais il existe tout de même des exercices précis pour permettre à la personne, de manière physique, de recevoir la sensation de ce qu’elle est en train de faire. Par exemple, je fais goûter un morceau de chocolat. Et cela prend 10 mn ! Ou bien, je propose de marcher en sentant le déroulement de son pied sur le sol. Il s’agit de retrouver le sens et la consistance de son corps, et d’arrêter le « petit vélo » qui tourne tout le temps. Chez les jeunes notamment, il y a beaucoup d’inquiétudes, d’images qui tournent en boucle. Chez les adultes, ce qui revient c’est la pression au travail, le « il n’y a pas le temps. » Tout va trop vite, trop loin, trop fort. Du coup, le corps se verrouille. Il existe une vraie souffrance aujourd’hui par rapport au rythme de vie. Savoir « cueillir » les sensations Je commence par guider la personne en l’aidant à s’installer. Je lui demande de fermer les yeux, ce qu’elle n’a pas le temps de faire dans sa vie trépidante, afin de sentir ses appuis, ses points de contact. D’aller à la cueillette des sensations dans la pièce. De regarder le monde avec tous ses sens, « comme l’enfant au réveil. » Il s’agit de recevoir, de laisser venir, de goûter cette installation dans le moment présent pour mieux accueillir la lumière, les couleurs, les odeurs, les bruits. Pour les mamans qui n’ont « pas le temps de se poser », je leur apprends à intégrer le Vittoz dans leurs activités quotidiennes. Cela passe, par exemple, par la façon dont elles vont prendre leur enfant dans les bras, au moment de l’histoire du soir. C’est important de faire sentir à l’enfant qu’on lui offre une vraie qualité de présence. Pour travailler la question du rythme personnel, là encore, j’utilise la marche. Je demande à la personne de marcher avec beaucoup d’énergie, puis je lui dis « stop » et je lui demande ce qu’elle ressent, si son cœur bat, etc. Puis elle fait l’exercice inverse : marcher avec très peu d’énergie. Si elle me dit : « là, je ne me sens pas bien, ça ne va pas », cela me donne une indication. Enfin, je lui demande de marcher avec l’énergie qu’elle ressent comme juste pour elle. La marche sentie est très utile pour démarrer sa journée : par exemple, faire une marche consciente du parking jusqu’à son lieu de travail. Un autre exercice consiste à faire lister par écrit aux personnes tout ce qu’elles ont à faire dans une journée. Puise je leur fais revoir chaque activité. Et je leur demande ce qu’elles pourraient enlever. Elles s’étonnent : « ah, je fais tout ça ? » Enclencher un cercle vertueux Quand la « réceptivité » s’ouvre, alors, des choses bougent. Une personne déprimée va constater qu’elle reprend goût à la vie : « Tenez, l’autre fois, après la séance, je suis allé faire le marché », ou bien : « j’ai pris le temps de faire la cuisine. » Et les impatients deviennent patients. Il s’agit, au fond, d’apprendre à « se reprendre », comme l’écrit le Dr Vittoz, en s’accueillant tel que nous sommes (fatigué, énervé, dispersé…), en reprenant notre souffle. En choisissant notre objectif et le temps très précis que nous voulons y consacrer. Ensuite, cela nous permettra de reprendre notre travail avec plus de justesse, de concentration souple et efficace, d’attention humaine et non robotisée. En prenant le temps d’habiter les gestes banals de la vie quotidienne, de rééduquer notre vie consciente, en habitant pleinement nos actes, ni plus ni moins vite mais pleinement présent à ce que nous faisons, il s’ensuit une plus juste énergie, une finesse de l’attention, un investissement personnel plus dynamique ou plus calme. L’ennui ou la monotonie se dissipe et se transforme en goût des petites choses bien faites, en sentiment d’être bien à sa place, en présence à soi, aux réalités de l’existence. Et l’on se sent alors mystérieusement porté par la Vie, ou par Dieu pour les croyants . » Recueilli par Marie-Yvonne Buss (1) Elaborée par le Dr Roger Vittoz, médecin chrétien (1863-1925), la « méthode Vittoz » rencontre un succès croissant. Cette thérapie très concrète passe notamment par l’accueil et l’approfondissement des ressentis corporels. Publié le 15 décembre 2014

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