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Promotion et recherche en psychothérapie
d’après la méthode du Docteur Vittoz

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Extraits de publications

RAPPORTS de SESSIONS ex-« bulletins »

De la réceptivité à l’émissivité, par Michelle Bruneau

La Réceptivité, par Danielle Gréhant.

Situation de l’élimination dans la méthode Vittoz, par Colette Corm.

De la réceptivité à l’émissivité, par Michelle Bruneau

1) Complémentarité entre Réceptivité et Emissivité :

Le docteur VITTOZ nous rappelle que Réceptivité et Emissivité sont les 2 fonctions du cerveau.
Aujourd’hui, je suis là, je vous reçois, je vais vous donner une parole, le fruit de mon travail. Je vais émettre.

Régulièrement, je vais aussi recevoir vos regards, peut-être vos questions, et aussi recevoir mon corps, ce qui se passe en moi. Un petit trac qui me fait battre le cœur plus vite et serrer les dents.
Je respire, je sens mes appuis, je sens la table, je reste dans ces sensations, c’est bon.

Je passe tour à tour d’une fonction à une autre, de la réceptivité à l’émissivité.
Ces 2 fonctions sont complémentaires et c’est l’équilibre entre les deux qui permet le Contrôle Cérébral.

Dans la réceptivité, je reçois,
Dans l’émissivité, je donne.

C’est la vie, je reçois, je donne comme j’inspire et comme j’expire, comme j’écoute et comme je parle, comme la naissance, comme la mort.
Notre cerveau passe tour à tour de la réceptivité à l’émissivité et réciproquement.

Je vois que le ciel est gris, je prends mon parapluie,

Le nageur qui sent l’eau sur son corps ainsi que l’effort musculaire qu’il déploie est dans l’action et en unité,

Le travail quel qu’il soit s’il est senti et fait de bon cœur rendra l’exécutant satisfait et heureux,

- Les loisirs créatifs ou artistiques rechargent après une journée de travail intellectuel, vous en avez tous fait l’expérience, etc.

Une patiente me raconte, en rentrant du bureau, j’étais mal, j’ai entrepris de faire un habit de carnaval pour ma fille.
Ces exemples montrent le lien entre la réceptivité et l’émissivité.
Nous constatons que l’équilibre entre les 2 fonctions recharge, entraîne une augmentation de l’énergie disponible, donc de l’énergie qui sert à créer.

" Plus on a de vie, plus on en donne "

" Plus vous aurez de réceptivité, plus vous aurez d’émissivité "

" Il faut être réceptif, non seulement pour soi, mais aussi pour les autres, recevoir toujours plus, pour donner toujours plus "

Car notre but, c’est de créer :

2) Le but , c’est l’émissivité :

La réceptivité n’est pas un but en elle-même.
La réceptivité, se met en œuvre et se développe avec nos actes conscients etest nécessaire pour aller vers une émissivité, vers une création, vers un don, vers l’utilisation de cette force vitale qui nous est donné à la naissance.
Cette force vitale nous entraîne à créer, à construire, à donner… à vivre avec tout notre potentiel, nos dons, nos talents….à exprimer…faire sortir de soi…à émettre.

Or, nous savons par expérience personnelle, ou par ce que nous constatons chez nos patients, que cette force vitale, cette énergie vitale qui nous permet de créer, de construire, de donner, peut se trouver, étouffée, enfouie, dispersée à cause d’un mauvais fonctionnement cérébral, c’est à dire un déséquilibre entre réceptivité et émissivité.

Que se passe-t-il ?

3) Nos forces ne vont pas toutes, toujours dans le même sens :

Pour illustrer cela, je prendrai le mythe de l’attelage de Platon, sur le chemin de vie.
Ceci a été repris par d’autres auteurs et j’aime bien la façon dont l’explique Michel Oudoul dans " Dis moi où tu as mal, je te dirai pourquoi ". Je le reprends encore plus simplement que lui.

Il y a le maître dans la calèche qui commande le cocher, donne l’impulsion, rappelle le sens, le but, les choix fondamentaux. C’est de l’ordre du spirituel, et il faudra beaucoup de temps au maître, peut-être toute une vie pour être en accord avec le cocher et les chevaux.
Il y a la calèche, notre corps physique qui subira les aléas d’un voyage plus ou moins bien mené.
Il y a le cocher qui dirige les chevaux qui représente notre vigilance, notre attention, notre volonté, peut-être notre contrôle cérébral.
Le cocher voit si la route contient des embûches, si ses chevaux ont faim, ont mal aux pattes etc.
Il y a les 2 chevaux qui représentent nos émotions.
Si les chevaux sont bien soignés et bien dirigés, ils vont aller où le cocher veut qu’ils aillent.
Si le cocher s’endort ne tient pas les rênes, ce seront alors les chevaux qui dirigeront la calèche.

Souvenez-vous du Dr Vittoz, qui parle de tenir les rênes de son cerveau.
S’ils ne sont pas bien dirigés, les chevaux :

- ne vont pas donner le maximum de leurs forces,

- l’un peut aller brouter à gauche, l’autre à droite, et l’attelage, ne va pas avancer bien vite,

- ils peuvent se prendre les pattes dans une ornière,

- la calèche peur se casser et devra aller chez le réparateur.

- etc…nous pouvons nous amuser à imaginer de nombreuses possibilités.

Il est facile d’établir des comparaisons avec certains de nos comportements qui freinent l’avancée vers notre but, qui freine notre émissivité. Ce peut être :

- un objectif trop élevé, ça n’avance pas

- un défaut de sincérité (choix entre deux désirs contraires) Où aller ?

Et, il y a d’autres paramètres qui empêchent d’avancer :

- vouloir trop bien faire, aller trop vite,

- une pression extérieure (mauvaise ambiance de travail - pression des parents ou de l’environnement social qui peut resurgir dans la vie d’adulte)

- le doute de soi : " ça ne marchera pas " …ou " à quoi bon.. . "

- le souci de donner une image de soi,

- le besoin de reconnaissance,

- une compétition performante, tendue vers le résultat, etc.

Toutes ces pensées occupent notre cerveau, utilisent notre énergie qui se trouve ainsi gaspillée et donc non utilisée pour notre action à réaliser.

C’est le cocher qui a l’intelligence, c’est le cocher qui a le raisonnement, c’est lui qui écoutera l’état et le besoin de ses chevaux. Il devra être à la fois accueillant à son désir et aux besoins de ses chevaux.
Ainsi, ils seront en accord, en avançant de bon cœur. (Dans le mot accord, il y a la racine cor àcordis qui veut dire cœur.)
Si les chevaux n’avancent pas à une bonne allure, il y a deux solutions :

- Le cocher va fouetter ses chevaux qui vont toutefois avancer plus vite au prix de douleurs ou de détérioration de la calèche.
C’est ainsi chez l’homme qui avance à coups de volontarisme, il dépense beaucoup d’énergie ; il y a donc surcroîtde fatigue, voire des souffrances physiques.

- Ou, il veille à l’état du chemin emprunté, il écoute les besoins de ses chevaux, les reposent, leur donne à boire, les rechargent. " plus vous aurez de réceptivité, plus vous aurez d’émissivité ".

Platon dit : " faute de cocher, beaucoup d’âmes deviennent boiteuses ".
Vous voyez dans cette image, que beaucoup de paramètres reposent sur la vigilance du cocher, sur l’attention du cocher à lui-même, aux autres et au monde extérieur.

Vittoz dit : " C’est la dispersion d’énergies, aussi bien reçues qu’émises, qui donne la faiblesse, la fatigue. "

" Il y a 2 sortes de dispersion :

1) Dispersion de la réceptivité, avec une conscience insuffisante (précédent séminaire)

2) Dispersion de l’émissivité avec une concentration insuffisante. "

Nous parlerons donc aujourd’hui plus particulièrement de la concentration.
Car dit Vittoz : " Après l’état de conscience, la concentration est la seconde qualité essentielle du contrôle "

4) Quels sont les éléments de dispersion de l’émissivité ?

a - une présence défectueuse à son corps : corps morcelé, éclaté, conscience incomplète.
Nous trouvons là, tout le travail sur le schéma corporel, l’attitude corporelle, les limites du corps, sa consistance.

b - Le manque de fixité dans les idées, le vagabondage cérébral.
Mrs Thornp.130 dit " Le vagabondage cérébral scinde le cerveau et provoque le sentiment d’oppression dont on se plaint beaucoup (est-ce cela être stressé ?).
Il y a double vie, ce processus épuisant de faire 2 choses à la fois. Le cerveau est éparpillé, les stimuli extérieurs sont reçus dans cette confusion cérébrale.
L’émissivité est abondante, ce n’est pas la bonne, le cerveau est " excité ".
Notre société dite " zapping " favorise cet éparpillement du cerveau.

Ce vagabondage peut également se manifester par un état de liquéfaction, lorsqu’on dit :
" je vais au radar " ou " je suis sur un nuage "
Ce vagabondage se retrouve aussi chez les élèves dits " rêveurs ", sages en apparence.

c - Les idées qui se précipitent dans le cerveau et qui angoissent, qui paralysent, qui empêchent de passer à l’acte. Ce peut-être des phobies, des obsessions, la peur d’un mot, d’une chose…

d- Le sentiment de fatigue qui peut-être lié à la maladie : une fièvre, une forte douleur, une anesthésie, un lourd traitement médicamenteux ou un surmenage.
Mais aussi ce sentiment de fatigue peut être lié à un travail constant du cerveau.
Les chômeurs sont souvent très fatigués car soucieux de leur avenir et de leur image.

e - Sentiment d’infériorité : peur de tout. Le " JE " est mal situé.
La personne est en constante comparaison avec autrui idéalisé. Ce sentiment s’enracine souvent dans l’enfance.

f - Défaut d’utilisation de la volonté qui est appelé Aboulie.
Chez l’aboulique, toute idée, tout acte de volonté éveille une sensation de crainte, de doute.
Ce défaut d’utilisation de la volonté se retrouve aussi dans la procrastination (action reportée au lendemain)

g - Le perfectionnisme : peur de ne pas être idéal avec une non acceptation de ses limites corporelles, psychiques ou sociales. Le perfectionnisme est une forme déguisée de toute puissance.

Tous ces éléments sont significatifs d’un cerveau non contrôlé, un cerveau dit " passif ".
Nous devrons dans certains cas faire appel à un traitement psychique,mais, il nous faut d’abord habituer le cerveau au contrôle et c’est le but du travail fonctionnel qui nous occupe aujourd’hui.

5) Passer du CERVEAU PASSIF au CERVEAU ACTIF :

Pour cela il est important de commencer par conscientiser toutes ces idées dispersées.
Nous sommes dans la conscience du réel, l’accueil d’une réalité, la réalité de quelque chose quine tourne pas rond, il y a malaise, il y a mal être.
Le réel ne nous vient pas seulement de l’extérieur par nos 5 sens, mais il peut venir de l’écoute de notre ressenti qui se traduit dans le senti.
Nous devrons passer d’une vie d’intention, une vie passive, où s’installent des vieux fonctionnements comme des habitudes à une vie libre autonome où il y aura cohérence, ajustement, accord entre ma vie et les objectifs que je me suis donnés.

Une vie de volonté est une vie active, elle ouvre, elle ne se ferme pas.
Une vie d’intention est une vie passive, elle nous replie sur nous-même au lieu de nous ouvrir vers l’extérieur.

Ex : " j’aimerais, quand j’aurai le temps aller rendre visite à un tel…

Quel est mon désir ? Aurai-je le temps un jour ?

Nous retrouvons souvent cette vie d’intention à propos des questions de nourriture avant d’envisager d’essayer un régime alimentaire…
Je n’arrive pas à faire de régime….
Quel est mon désir ?
Quel est mon but ?
Perdre du poids pour ressembler aux " dames des catalogues ", pour une meilleure image de moi, pour une meilleure santé, pour plaire à mon conjoint ?
Suis-je sure de mon but ?
Est-ce important en fonction du sens que je donne à ma vie ?

Le régime alimentaire, ou le désir d’arrêter de fumer revient assez fréquemment dans les problèmes de nos patients. Il y a beaucoup de paramètres souvent d’ordre psychique ou d’ordre physiologique.
Nous devons en avoir conscience et savoir que tout n’est pas de notre compétence mais …le patient gagnera à avoir un cerveau en ordre pour aborder ses démarches.

Vous avez constaté que nous rencontrons beaucoup de personnes dans notre entourage, parmi nos patients qui sont dans cette vie d’intention, cette vie passive. Ils n’ont jamais ce sentiment de satisfaction (au sensétymologique d’avoir fait assez), ils sont dans le doute d’eux-mêmes et des autres.

Je disais donc, la 1ère chose à faire pour sortir de cet état passif est d’écouter son senti, de le considérer, de le conscientiser. Ce n’est pas serrer les dents, dire " tout va bien ", sourire quand la boule est au creux de la gorge ou de l’estomac.
Mais c’est accepter de sentir et de nommer :

- Oui, aujourd’hui, je me sens fatigué, je sens une fatigue en moi,

- Oui, aujourd’hui, j’ai le blues, j’ai cette contrariété…

- Oui, aujourd’hui, j’ai un échec que je ne digère pas, il envahit ma tête, et je ne peut rien faire de suivi, je papillonne,

- Oui, aujourd’hui, je suis tout à la joie de partager une bonne nouvelle à toute la terre, mais… je ne peux pas,

- J’ai un proche malade, un proche qui vient de décéder, je ne pense qu’à lui...
Je n’arrive pas à ôter de ma tête les images de la catastrophe d’Asie, ou de la Shoah…

Tout cela est la vie de chacun…
Oui, le réel est que je suis mal, je sens mon impuissance,

Je sens mon corps,mon mal être, mon malaise là où cela se manifeste dans l’instant sans jugement.
Je consens à ce qui est là.
Je suis réceptive.
Les actes conscients peuvent m’aider, mais il arrive qu’ils ne suffissent pas à libérer mon cerveau de toutes ces pensées.

Par exemple : nous rencontrons des personnes qui trouveront le sommeil, non pas avec des exercices de réceptivité ou de lâcher mais avec des exercices de concentration, afin de retrouver le calme dans leur cerveau.
Nous devrons rassembler nos forces à l’aide des exercices de concentration.

Mrs Thorn dit : " La force n’est pas déficiente, mais elle est désordonnée et mal utilisée.
Si nous rassemblons ces forces éparpillées, si nous refaisons " le faisceau des forces éparses " (terme de Vittoz), nous tendons à l’unité, à la liberté de nos actes et de nos pensées, à un comportement équilibré. "

Que dit le Dr Vittoz ?
" La volonté n’a aucune action sur ce flot d’idées "

Et moi je dis :
A bas, les préceptes : " il n’y a qu’à penser à autre chose "
Vouloir penser à autre chose, ne ferait qu’ajouter de nouvelles pensées à ce flot de pensées galopantes et morbides.
Nous sommes face à un fonctionnement défectueux du cerveau et la seule chose à faire est de rétablir ce contrôle cérébral. (Cela peut prendre du temps).

Ce sont les exercices qui rétablissent le bon fonctionnement du cerveau, qui modifiera l’état de notre patient, ce ne sont pas les bons conseils (il y a qu’à – il faut qu’on…)
Nous pouvons faire confiance à notre cerveau, à notre patient pour trouver la solution à ses problèmes, pour poser ses actes, ses choix.

Les actes conscients et les exercices de concentration sont indiqués pour rétablir ce dysfonctionnement ; et si ceux-ci ont été appris, répétés, assimilés, ils reviendront aisément.
Rappelez-vous l’image de la forêt vierge de Paule Lemoine.
Les exercices nous permettent de créer de nouvelles traces dans le cerveau et d’abandonner les anciennes traces défectueuses.
Aujourd’hui, en atelier, nous travaillerons plus particulièrement les exercices de concentration.
Car dit Vittoz : " Le but ultime de la concentration est la rééducation de l’émissivité "

Parlons de cette concentration :
Définition du Dr Vittoz : " La concentration est la faculté de pouvoir fixer sa pensée sur un point donné, de suivre le développement d’une idée, sans se laisser distraire "

Vittoz dit aussi : " Le cerveau peut-être considéré sous trois points de vue :

Perceptif : conscience et connaissance

Assimilatif : travail cérébral donnant la concentration

Émissif : énergie volonté.

Ex : Je reçois une sensation,
Je l’assimile, je me concentre
Je suis en mesure de prendre une décision et passer à l’acte.
Il s’agit donc pour nous de modifier l’état du cerveau, d’aider notre patient à passer de l’état passif à l’état actif.
Après avoir pris conscience d’un état à modifier, s’aider d’exercices de concentration.

Les exercices de concentrationsont variés.
Ils développent la conscience et la vivacité de l’esprit en assouplissant et en fortifiant le cerveau.
Ils seront donnés progressivement en fonction du besoin de la personne, ceci décrypté à l’aide de la vibration.
Nous n’abordons pas les exercices de la même manière pour toutes les personnes.
En fonction de son mode de vie, la personne peut avoir développé tel ou tel type de concentration.

- Je pense à une personne qui avait de nombreux malaises dans son corps, des gestes incontrôlés et pourtant étaient capables de lire de longues heures.
Sa vibration n’avait aucune consistance, une barba papa.
C’est le travail sur le corps, les limites, la spirale de concentration, le carré qui lui faisaient du bien.

- D’autres ont plus besoin d’apprendre à durer dans la concentration sur le corps.
Dans ce cas on augmente progressivement le temps de concentration.
Des exercices de rythme simples avant les exercices plus compliqués, les parties doubles avec peu de points de repères avant l’exercice plus complet, un courant simple dans un bras avant l’anneau d’énergie….
C’est le bon sens !

- D’autres se tendent facilement.
Dans ce cas on privilégiera les exercices de souplesse : concentration / réceptivité / concentration…

Le contrôle suffisant d’un cerveau bien entraîné n’oblige pas à réaliser ces exercices chaque fois qu’on veut faire appel à la concentration.
Les exercices réguliers préparent " l’instrument-cerveau ".
Le contrôle cérébral n’est pas un but, c’est une faculté à entretenir, à rééduquer quand elle est abîmée.
Les exercices permettent de se constituer une " boite à outils " pour entretenir ou réparer. C’est un Kiné du cerveau

Le contrôle de cette rééducation se fera bien sûr à l’aide de la vibration.
Nous saurons décrypter lorsque le cerveau se met en tensionet nous devrons veiller à une bonne souplesse cérébrale.

La concentration chez l’enfant :

Juste un mot car les éléments de dispersion sont les mêmes que pour les adultes : nous retrouvons des enfants angoissés, perfectionnistes, fatigués, avec un cerveau vagabond.
Nous privilégierons les exercices sur le schéma corporel, le rythme, la conscience du geste, quelques graphiques.
Leur apprendre à calmer leur cerveau, savoir se " déprendre " et se " reprendre " comme dit Simone Veil (texte à disposition)
(Lecture des conseils pour bien écrire)

Vittoz dit : " Faire faire aux enfants des exercices de réceptivité : regarder, écouter, observer. Chercher toujours à les calmer. Corriger le désordre, les cahiers mal tenus, la nervosité, la mauvaise écriture, par des exercices : le huit, la spirale. "

7) Effets de la concentration :

a - Effets psychiques : La concentration est une aide à tous les symptômes énumérés dans les conséquences d’un cerveau passif.

b - Effets physiologiques :

La concentration peut agir sur l’organisme physique et ses effets physiologiques sont intéressants.

Le Dr Vittoz dit : " Toute concentration sur un point donné détermine sur ce point une influx nerveux. Cet influx nerveux a une action tonique et régulatrice très particulière ".

Quelques exemples :

1) Faire des exercices de concentration en cas de tachycardie déconnecte, déplace l’influx nerveux, canalise l’angoisse.
David Servan Schreiber dans son livre " Guérir " donne un exercice de cohérence cardiaque très intéressant.

2) Les acouphènes, eux aussi suscitent beaucoup d’angoisse. Réceptivité et concentration sur la respiration, conscience des points d’appui et du bas du corps permettent de diminuer ces symptômes

3) Estomac : bien localiser la douleur, sentir, " cajoler " avec la respiration qui caresse la partie douloureuse.

4) Intestins : courants en suivant le tracé du côlon, ou " anneau " d’énergie autour du bassin dans le cas de douleur abdominale ou de constipation.

5) Douleurs dans le dos et dans les membres : courants.

6) les exercices de concentration sur l’idée de calme peuvent ralentir le rythme cardiaque ou soulager une migraine.

c - Mémoire :

Vous êtes peut-être étonnés que je ne vous aie pas parlé de la mémoire.
Je vais en dire quelques mots.
En effet des patients qui avancent en âge viennent vers nous car ils ont l’impression de perdre la mémoire.
Il est vrai qu’il y a des maladies neurologiques qui font peur, mais ces personnes ne sont pas forcément atteintes par ces maladies.

La mémoire n’est pas une fonction de cerveau.
C’est une capacité naturelle du cerveau à conserver et se rappeler des choses passées.
La manière d’enregistrer qui dépend elle-même de l’état de calme et d’ordre dans le cerveau va aider cette capacité naturelle à mémoriser.
Il s’agit seulement d’entretenir cette capacité naturelle avec tous les exercices que nous connaissons.

Il est vrai que cette capaciténaturelle, comme tout autre faculté (vue, ouie, mouvement…) diminue avec l’usure de l’âge.
Mais comme nous conseillons l’exercice physique aux personnes qui avancent en âge, nous pouvons conseiller les exercices du cerveau.

Une personne qui reste, réceptive, ouverte, attentive (sans tension) gardera plus facilement un cerveau en bon état.

8) Conclusion :

Retenez ces constantes :

1) Il n’y a pas de concentration possible sans une réceptivité de qualité,

2) Les exercices de concentration sont des gammes à répéter pour rééduquer l’émissivité,

3) Une concentration de qualité donne une sensation de repos actif,

4) La rééducation de l’émissivité aboutit à la rééducation de la volonté.

EXERCICES DE CONCENTRATION

1) A partir de notre corps :

Il est important de se rappeler qu’une bonne concentration commence par une bonne attitude physique.

C’est à dire :

a) se centrer, se mettre dans ses appuis, ses pieds, sa base

b) sentir son axe vertical

Ainsi le cerveau se décongestionne et il est libre de recevoir.

2) Exercices à partir de nos 5 sens . Ils développent la réceptivité et sont le vecteur incontournable de la mémorisation .

3) Exercices à partir de la respiration,

4) Exercices à partir d’un rythme :

Ils dynamisent, et font circuler l’énergie. Ils sont très utiles aux personnes mal latéralisées.

5) Les courants avec leurs effets physiologiques :

L’exercice dit " des parties doubles " en lien avec le rythme peut recevoir une mention spéciale.
Cet exercice se réalise de haut en bas si la personne est tendue, et de bas en haut si la personne est aboulique ou tout simplement fatiguée.
Pour guider les courants, nous pouvons éprouver quelques difficultés dans le choix du vocabulaire.
Pour ne pas induire, nous pouvons demander d’abord au patient de sentir le point d’où il part, et le point où il arrive et c’est la personne qui trouve son propre vocabulaire pour traduire son expérience.

6) Concentration sur les images mentales :

Nous trouvons là les graphiques.
Il s’agit d’abord d’images précises que sont les graphiques, exercices plus faciles que la concentration sur les idées. Ces graphiques sont plus ou moins complexes.

Mme Bron dit dans " le conscient chez Vittoz " : " Le tracé d’un graphique imprime au cerveau un mouvement correspondant, c’est à dire au dessin.
Ce fait a pour conséquence une bonne marche du mécanisme, et aussi une portée certaine sur le psychisme.

- L ’infini géométrique est le symbole par excellence de l’équilibre

- Une droite tirée entre deux points posés à l’avance engendre une détermination : on ne part pas au hasard pour aboutir n’importe où, mais on concentre son émission dans une opération précise et de ce fait sécurisante.

- Le UN s’inscrit dans le cerveau en signe d’unité, rassemblant les forces dispersées.

- La spirale concentrique ramène la pensée sur un point. "

L’apprentissage du graphique se fera d’abord dans le concret avec un contact tactile ou dans le mouvement avec un geste dans l’espace yeux ouverts, yeux fermés.
Puis nous pouvons aborder le passage à l’écrit et au graphique mental.

Ce cheminement " concret, écrit, mental "est quelquefois bouleversé.
Certaines personnes sont bloquées par l’écrit, d’autres sont plus à l’aise avec leur mental qu’avec le corps.
L’écoute de la personne, l’écoute de la vibration est nécessaire pour ajuster l’exercice au besoin de cerveau.

Les graphiques sont tout indiqués pour les exercices de souplesse cérébrale, comme je le disais, en navigant de la concentration, au lâcher- prise, à la réceptivité de l’instant puis à la concentration.

7) Les exercices de distance :

Une personne non différenciée, mal située dans sa relation aux autres (fusion, emprise…) se concentre mal, ou ne peut se concentrer.
Son cerveau n’est pas libre, son émissivité n’est pas juste.

Les exercices permettant en un premier temps de sentir la distance entre un objet situé au loin et soi, puis dans un second temps l’exercice des deux I permettra de trouver l’altérité et la liberté intérieure.

8) La concentration sur les idées :

Nous sommes là dans un domaine plus compliqué : refoulement, idées obsédantes, tensions etc… qui traduisent un état passif.
Nous subissons nos idées, nous n’avons pas de prise.
La concentration sur les idées peut nous apprendre petit à petit à y consentir et à ce moment là, il y a une amorce de passage à l’état actif.
Cette concentration est utile dans le cas de travail psychique.

Pour l’entraînement, nous choisirons de travailler sur des idées simples. Vittoz propose d’exercer la concentration sur l’idée de calme, d’énergie et de contrôle.

9) La lecture consciente :

Pour cet exercice, nous faisons intervenir beaucoup de sensations :

- Attitude corporelle,

- Le contact du livre ou de la feuille

- La vue, l’ouie.

Michelle Bruneau

La Réceptivité, par Danielle Gréhant.

Plan

1) Les différents niveaux de réceptivité.

2) Les étapes au cours de la cure Vittoz.

3) Quels peuvent être les obstacles à la réceptivité ?

4) Les résistances ?

5) Les effets de la réceptivité

- pour soi

- dans notre relation à l’autre, au monde

6) L’attitude du thérapeute.

LA RECEPTIVITE… Sans moi… peut-être… mais jamais sans JE .[1]

1. Les différents niveaux de réceptivité :

La réceptivité est à la base de la structuration de « JE », puis de ce que Antonio Damasio appelle le sentiment de soi. (Antonio Damasio, neurobiologiste, propose une théorie permettant d’expliquer en termes biologiques le sentiment de soi.
Pour lui, il peut yavoir conscience de ce qui nous entoure sans être « là », quand il y a détérioration de cette conscience…
Que c’est le sentiment de soi intimement lié à l’esprit conscient qui permet à l’homme d’être « là », c’est à dire relié au monde extérieur.)

A différents niveaux, la réceptivitépermet l’ouverture de la conscience qui relie le soi au monde.
A chaque niveau de conscience il y a connaissance nouvelle quipermet peu à peu de sortir de l’ignorance et d’entrer dans l’intelligence de chaque instant, ce qui permet alors d’être aussi dans l’instant du choix et de la responsabilité, donc du sens à donner à sa vie.

1.1 La structuration du « JE » :

JE « reçois » le monde dans lequel je suis.
Avec mon corps, mes organes des sens, je vois, j’entends, je sens, je goûte, je touche « parce que » il y a quelque chose à voir, entendre, goûter, humer, toucher !
Peut-on imaginer un monde où il n’y aurait rien à voir, à sentir, à goûter, à toucher, à entendre !
Que deviendrait « JE » ?

Je peux recevoir parce que quelque chose s’offre à moi.

L’extérieur me construit, me fait être. « JE » ne se construit pas tout seul !
Cette constatation me ramène toujours à un peu plus d’humilité !

Blanc, bleu, chaud, froid, rugueux, lisse, fort, doux…
Le monde s’offre à moi dans sa complexité, sa grandeur, sa beauté, son mystère. Je le reçois, j’en fais l’expérience…
Dès la naissance, le petit d’homme acquiert, grâce à ses appareils sensoriels, une somme d’informations qu’il met en mémoire.

Le monde, à l’extérieur, est le non-soi que j’intègre, petit à petit, pour en faire du soi.
Le langage permet ensuite de nommer les choses .
Par le langage, je nomme les différents ingrédients de la conscience.
Il est la symbolisation de ce que je reçois, de ce qui vient à ma conscience. ( Le langage ne précède pas la conscience.)

L’accueil est sensible (sensoriel) ET sensuel, c’est-à-dire informatif d’abord au service de mon intelligence puis soumis à mon affectivité que je ne peux éliminer.
Les « informations » que je reçois de l’extérieur passent toujours par la zone émotionnelle.

Conscience et émotion ne sont pas séparables.
Quand la conscience est détériorée, l’émotion l’est aussi.
Je peux prendre conscience des émotions, mais je peux aussi les refouler.

Si je prends l’habitude de ne pas « nourrir » suffisamment cette zone émotionnelle, d’en prendre conscience, de la « parler », (utilisation trop grande des jeux vidéos violents, apprentissage professionnel du meurtre légal dans les professions liées à la défense ou sécurité), il y a développement d’un arc réflexe : une recherche de nourriture « artificielle » comme la drogue, l’alcool, les émotions fortes par le goût du risque, etc… peut se mettre en place par compensation.

Enfin, il faut aussi considérer que la façon dont je reçois le monde dépend aussi de la manière dont moi-même je suis reçue par le monde ! Et que ce que je reçois de l’autre est souvent le reflet de « comment j’ai été reçu par lui » !

1.2 Le sentiment de soi :

Vous écoutez ce que je dis, vous me voyez, vous pouvez sentir ce que cela génère en vous comme sentiment ou émotion… Vous savez que c’est vous et non pas quelqu’un d’autre qui écoute, voit et sent.
Cette présence à soi-même dont parle Antonio Damasio, est bien là, depuis le moment où l’on s’éveille jusqu’au moment où l’on s’endort.
Elle fait que chacun et chacune d’entre nous a cette capacité de réceptivité, mais qu’elle est unique pour chacun.

C’est moi qui… sens, vois, entends, ressens, etc.
Je ne sens pas comme mon voisin.
La réceptivité renforce cette présence à soi, ce sentiment de soi, et accompagne cette ouverture de la conscience dont je vais parler maintenant.

1.3 L’ouverture de la conscience :

La conscience de « je suis » au monde, « colorée » par le fait que je suis « unique », qui aboutit au sentiment de soi, est la structure mentale intégrée qui relie Soi au monde.
Relier : voilà, il me semble, un verbe important. J’y reviendrai plus loin.

L’ouverture de la conscience se fait petit à petit, il y a des degrés, des niveaux, des « champs de conscience » au fur et à mesure de notre évolution intérieure.
On pourrait penser que l’ouverture du champ de conscience de l’homme accompagne, de concert, le fil du temps qui s’écoule entre sa naissance et sa mort.

Ce n’est pas si simple.

L’Homme est AGI par tout un potentiel d’énergies.
Son inconscient « vit » en lui.
Marqué aussi par le collectif, le familial… il est le tyran qui, très souvent, le mène par le bout du nez.
Son monde des pensées, du mental, le maintient, aussi, en une espèce d’esclavage dont il ne sait pas toujours se libérer.

L’homme, souvent, n’est plus relié à ce qui l’entoure, il est « coupé » de ses racines, il est en « exil de lui-même ». Il a des yeux et ne voit pas, des oreilles et il n’entend pas.
L’ Homme « oublie »… Il oublie cette qualité essentielle, c’est qu’il peut recevoir ce qui s’offre à lui.
Il reçoit d’un ailleurs à la fois proche et lointain, les informations nécessaires, et jamais suffisantes, (voir le dessin : on a toujours quelque chose à découvrir, d’une situation, d’une personne, de soi, du monde…) pour grandir, s’accomplir, donner un sens à sa vie.

L’Homme est IN-FINI.
De même en est-il de la réceptivité : inépuisable, infinie, toujours à notre service, pour peu que, comme le bonheur de la chanson, on ne la laisse pas « filer »…

1.4 Passer de l’ignorance à la connaissance :

La connaissance n’est pas seulement intellectuelle, livresque ou « façonnée par telle ou telle perspective canonique ».
Elle est aussi et surtout, expérience personnelle, appropriation de soi.

Ma colère, ma joie, je peux en parler bien sûr…
Mais surtout, en réceptivité, je peux les sentir, dans ma chair, dans mes tripes !
La réceptivité permet l’acquisition de cette connaissance presque cellulaire, intérieure, intimement liée à ce que je suis.

Elle permet l’élaboration d’un 6ème sens, né de l’enrichissement des 5 autres, qui permettra de dire : « …parce que je le sens », et non pas : « parce que je le sais ». Elle permet de voir l’invisible derrière le visible, d’entendre ce qui ne se dit pas.

La réceptivité ne rend pas plus « savant », elle nous fait devenir sujet.[2]

Elle permettra - petit à petit - de conquérir des terres nouvelles, de découvrir un peu de lumière dans nos ténèbres, et de pouvoir donner, parce qu’on aura reçu et intégré.

« C’est dans cet état qu’on arrive à percevoir ce que nos sens ne nous apprennent pas, à savoir les vibrations profondes des êtres ou des éléments naturels, que nous pourrions appeler leur vitalité ; et découvrir des faits, dont on laisse en général la perception aux artistes, tels que le rythme et l’harmonie.
Quand on a découvert cela, on est obligé, pour s’exprimer, de changer de langage. » [3]

Ouverture de la conscience

Les niveaux de Langage

2. Les étapes au cours de la cure Vittoz :

En écrivant ce titre, et en me posant quelques instants, j’ai pensé : y a-t-il vraiment des étapes au sens « cartésien » du terme ? Peut-être des passages , des naissances , des re-naissances, donc forcément des petites morts aussi !
Nous pourrions dire que la réceptivité aux actes, aux émotions, aux idées, aux états, conduit à une attitude réceptive qui fait partie de soi.
Notre capacité à être réceptif est plus ou moins grande, variable selon notre état intérieur, soumise à des obstacles, des résistances, nous le verrons tout à l’heure.

Quand nous proposons une rééducation de la réceptivité à nos patients, nous comprenons bien que c’est « pas à pas », que le temps est un facteur incontournable.
Nous avons vu que c’est « JE » qui vois, entends… sens, qui reçois dans sa « maison corporelle ».
Au fil du temps, apprendre à « connaître » cette maison, à reconnaître ce qui l’habite.

Il est nécessaire parfois « d’apprivoiser » notre corps, compagnon de notre vie !
Ne jamais forcer, lui faire confiance.
Accepter ses refus, ses limites.

Nous pouvons être de plus en plus réceptifs aux changements, à l’évolution de notre corps, à nos « possibles corporels ».
Plus de stabilité, plus de verticalité.
Comme si chaque vertèbre était l’image du champ de conscience nouveau acquis par ce travail de réceptivité.

La réceptivité est donc aussi participante d’une verticalité plus subtile et intérieure à l’image de la verticalité corporelle ressentie.

L’Homme peut se re-dresser, extérieurement mais aussi intérieurement. ( rappel étymologique : « instant »→ In-stare→ se dresser)

Les exercices de réceptivité sensorielle, réceptivité aux idées, aux émotions qui m’habitent, ne sont pas un moment et un seul de la cure !
Ils sont le fil rouge de la cure.
Jamais vécus de la même façon, ils participent à cet élargissement de la conscience qui m’ouvre à l’univers du dehors et du dedans.
Et si parfois, nous avons l’impression de « patiner », accueillir cette « étape » comme étant l’expression d’une sagesse intérieure qui nous échappe.

« Le développement de la conscience n’a peut-être pas de limite, mais il faut reconnaître qu’elle tend à s’adapter dans une certaine mesure aux conditions spéciales de l’individu ; instinctivement celui-ci l’arrête dans sa progression pour maintenir un certain équilibre entre ses actes et sa pensée. » [4]

Le cœur… et j’ajouterai le corps, (excusez-moi, Blaise Pascal) a ses raisons que la raison ignore…

Je peux faire un travail de réceptivité autour d’une situation déjà et souvent évoquée…
Je peux me dire : ENCORE…
Et pourtant…
A chaque fois l’instant est nouveau, le regard, l’entendement aussi…
Ca bouge en moi…
Comme la graine évolue sous terre, un travail « sous-terrain » se fait à mon insu.

La mer ne polit pas le galet en un jour !

3. Les obstacles à la réceptivité :

3.1 La souffrance corporelle :

Un minimum de « confort » corporel est nécessaire pour vivre les exercices de réceptivité.
Quand la douleur est trop forte, on n’est pas suffisamment « disponible ».
La perception de la douleur l’emporte.
Certains exercices préconisent d’ « accueillir » un endroit du corps où l’on est bien…
Est-ce toujours possible ?

Une concentration souple sur un travail plaisant pour la personne, peut parfois mieux aider à supporter la douleur.

3.2 Des émotions très fortes :

Angoisse, colère, peur, peuvent « bloquer » la réceptivité.
Le patient est comme sidéré, paralysé.

3.3 L’émissivité débordante :

Le patient est parfois complètement « pris » par un problème difficile à résoudre, une situation particulièrement difficile à vivre.
Il a « besoin » d’abord de déposer son fardeau.
Entendre ce besoin du patient est nécessaire et prime sur notre souci de faire les exercices.
Une de mes patientes, en début de cure, ne pouvait pas lâcher ses pensées, se mettre en réceptivité, se détendre, respirer… tant qu’elle n’avait pas exprimé ce qui l’habitait.
Petit à petit, elle a pu faire des « entractes de réceptivité »…
Comme le point final d’une phrase !
Elle savait qu’on reviendrait à ce qui était à entendre pour elle.
Puis, elle a pu lâcher plus facilement ce tourbillon mental pour être réceptive à ce qui venait « d’ailleurs »…
Elle a commencé à se rendre disponible à ce qui pouvait surgir du « hors-limites-connues » !

Cet obstacle peut devenir une résistance si le patient se réfugie dans le discours pour échapper à la sensation.

3.4 Un handicap physique ou un vécu impactant :

Se renseigner sur le passé médical du patient nous amène à connaître certains handicaps qui ne lui permettent pas de travailler tous les exercices de réceptivité que l’on connaît : perte d’odorat à la suite d’un accident, présence d’acouphènes, insensibilité dans un endroit précis du corps, ou une difficulté physique particulière.

Mais aussi : troubles de la perception causés par l’alcool ou la drogue, certains médicaments, troubles psychiatriques légers, vécu d’une emprise sectaire, etc.
Cette connaissance nous permet de mieux orienter notre travail.

3.5 Des croyances, des idées chères, des principes… :

Chacun porte en soit une « opinion », sur lui-même, sur le monde, sur sa façon d’être au monde, de mener sa vie. Selon cette opinion, chacun se fait une idée de sa force et de ses possibilités. (Alfred Adler en parle dans son livre : le sens de la vie). On raisonne souvent en terme de : c’est bien, c’est mal , c’est permis, c’est défendu… On travaille « consciencieusement », on fait certaines choses pour se donner bonne conscience.

Quand la vraie conscience commence à s’élargir, on se heurte parfois à ces fameuses croyances…

« Prendre ¼ h pour moi, pour me faire du bien, pour ne rien faire !
Vous n’y pensez-pas !
Que penserait mon mari qui dit : je travaille MOI ! ».
Cette patiente s’occupe activement toute la journée parce qu’elle croit que c’est son devoir.

« Ce n’ est pas bien de se plaindre… Il y a tant d’hommes qui souffrent » disait une autre. »

« M’activer, penser à trouver des solutions pour les uns, les autres, pour moi, me fait sentir que je suis forte !
M’arrêter pour sentir, arrêter de penser, faire silence, pour moi, c’est de la faiblesse ».
Cette patiente n’est venue qu’une fois.

« Une femme ceci… Un homme cela… Dire non… On doit…Il faut… Il ne faut pas… La politesse… Etre gentil… etc… etc… ETC ! »

Certaines croyances tellement ancrées en soi, sont comme des forteresses dont les murs mettent parfois bien du temps à se lézarder !

4. Les résistances :

Quelques résistances sont communes à beaucoup de patients.
Il en est de plus « personnelles », inhérentes à l’histoire de chacun.

4.1 Résister par peur de la solitude :

Quitter le monde du sensationnel proposé par la société d’aujourd’hui pour entrer dans le monde de la sensation, c’est faire l’expérience de la solitude du ressenti.

C’est moi et moi seul(e) qui sens, qui sais ce que je sens, qui en ai la connaissance.
Il y a parfois, au début, un ennui, un « vide » qui surgit, un affolement pour certains.
« C’est affreux, me disait une patiente, si j’arrête de penser à mes enfants, je crois que je vais les perdre ! »

« Le manque de référence habituelle à l’émissivité, fût-elle absurde, ou la soudaineté d’une sensation peut créer l’affolement », dit Louise Bron-Velay dans « Le conscient chez Vittoz » p.83

Mais c’est découvrir ensuite que la solitude n’est pas l’isolement.
C’est le grand rendez-vous avec soi-même. Retrouvailles attendues mais parfois redoutées.

4.2 Craindre le manque :

Ce vide dont nous parlions précédemment, est vécu comme un manque.
Rempli d’un bavardage intérieur ET extérieur, gavé d’images, occupé à faire mille et une choses, l’homme pressé, pressurisé, dit ne pas avoir le temps de souffler.
Et quand par hasard, il a du temps pour se poser, il peut ressentir un état de manque insupportable.
Le silence intérieur qui s’installe en réceptivité n’est pas vécu comme un espace où « toutes choses peuvent être nouvelles » mais comme une perte, comme si on était amputé de quelque chose.
La réceptivité ne nous ampute pas de quelque chose, elle creuse en nous l’espace de désir pour nous faire plus vivants.

4.3 Peur de l’inconnu :

Ma souffrance, mes difficultés, mes problèmes, je les connais.
Elle sont parfois des béquilles qui me servent !
Quitter ce que je connais, même si c’est inconfortable, est quitter le connu pour l’inconnu.
Entrer en contact avec cette part de moi-même que je ne connais pas encore peut paraître dangereux, angoissant, voire destructeur.
Surtout quand la réceptivité me fait prendre conscience de ce qui « parasite », de ce qui m’empêche d’être épanoui dans mes relations avec des proches.
La remise en cause de ma façon de fonctionner remet aussi en cause l’équilibre installé entre JE et les autres.
A ce niveau de conscience qui fait entrer dans l’intelligence de l’instant, du choix et de la responsabilité, il est clair que le travail en Vittoz met aussi sur le chemin de « Quel sens donner à sa vie ? ». ( Quelle orientation…)

Mme Bron parle de « déchirement […] Il faut oser se quitter en quelque sorte, sans savoir ce qui en résultera, puisque nous n’y avons jamais eu recours précédemment. » (Pratique de la méthode Vittoz.) (exemple : dire à son entourage ce que l’on sent réellement alors qu’on ne l’a jamais fait. « Je ne suis pas d’accord avec la façon dont vous agissez… » peur du rejet, de la critique… A assumer !)

4.4 Autres exemples de résistances :

Nous les relevons dans le mémoire consacré à ce sujet par Claude Berger :

·Refus ou opposition à reconnaître quelque chose de moi que je ne veux pas voir.

·Mettre une distance qui n’est pas juste avec soi-même, par un humour excessif,plus souvent par dérision de soi, ou alors rester spectateur de ce qui nous arrive.

·Projection : ce n’est pas ma faute, mais celle de l’autre. C’est souvent se positionner comme victime.

·Rationalisation : il y a toujours de bonnes raisons pour expliquer telle ou telle situation inconfortable.

·Banalisation : C’est pas si grave que ça.

·Idéalisation : exagérer les valeurs du bon pour se protéger de pulsions potentiellement dangereuses.(idéalisation d’un conjoint, d’un enfant, d’un lieu…)

·Dénégation : ne croyez pas que je pense cela. Je ne suis pas quelqu’un qui…

·Et puis il y a le déni : « moi, je vais bien, je ne suis pas malade… », ne pas reconnaître la réalité de quelque chose pour pouvoir mieux s’en protéger.

4.5 Et encore… :

Déjà évoquées en session : ( toujours mars 2000)

·Sexualité mal assumée : honte, culpabilité, angoisses, révélées dans la gestuelle, ou « être mal » sous le regard du praticien.

·Ne pas faire les exercices, vouloir en rester à un savoir théorique sans entrer dans l’expérience.

·Douter de la méthode proposée, fuite dans un spirituel mal vécu.

5. Les effets de la réceptivité :

Nous avons souvent parlé des effets de la réceptivité, notamment : détente, repos, confiance en soi, unité, harmonie, vie au présent, attention renouvelée, etc.

Je vais essayer de développer plus précisément les effets d’une réceptivité ré-éduquée pour :

5.1 JE vis-à-vis de JE :

Notre capacité à recevoir, nous l’avons vu, nous construit, nous structure. Travailler pour rééduquer ou élargir cette capacité nous conduit plus précisément :

- A reconnaître notre unicité :

Nous sommes tous différents et uniques.
Ma façon de recevoir le monde, de l’accueillir est UNIQUE. Même ma façon de vivre la souffrance est UNIQUE.
C’est moi et moi seule qui sens, qui sais ce que je sens.
Personne ne peut sentir à ma place. Il n’y a pas de norme, d’appareil de mesure qui pourrait m’étiqueter par rapport à ma capacité à recevoir. (Vivre cette expérience, conduit à l’affirmation de soi.)

- A prendre conscience de nos limites :

Etre réceptif nous fait prendre conscience que nous ne sommes pas tout puissants.
Que nous sommes limités. Que les limites sont même nécessaires à notre évolution.
C’est une loi de la nature à l’extérieur comme à l’intérieur.
Le fœtus a besoin de la matrice pour grandir.
La terre a besoin de la couche d’ozone pour subsister.

Que de fois entendons-nous des patients qui reconnaissent : « Et bien NON, cette fois, je ne peux plus ! ».
Reconnaissance qu’une limite est nécessaire pour protéger le JE.

C’est prendre conscience de notre humanité avec ses forces et ses faiblesses, ses pauvretés et ses richesses. C’est reconnaître aussi qu’on a des failles.

A un patient qui ne supportait pas de reconnaître en lui des failles et qui dépensait une énergie considérable à être toujours tendu vers un idéal impossible à atteindre, je me suis permis de dire : « C’est dans les failles des rochers que la terre peut s’accumuler, que les graines poussées par le vent peuvent s’installer et fleurir. »

Il a aimé cette image qui lui a permis de continuer à explorer cette partie de lui-même qu’il ne pouvait pas accueillir.

- A accepter le manque :

Renoncer à nos idées chères, à nos principes, à une émissivité débordante, renoncer à nous justifier, à l’idée même d’avoir raison, à régler nos comptes, pour nous mettre en réceptivité et entendre ce que cela génère en nous, peut dans un premier temps nous paraître insupportable.
Comme une aliénation, une amputation avons-nous dit tout à l’heure.
Comme un vide, comme une béance à l’intérieur.

Pourtant, quand le silence intérieur s’installe, quand la bulle émotionnelle se dégonfle, quand les remous intérieurs s’apaisent, nous pouvons faire cette expérience d’accueil d’un espace intérieur d’où montent des informations nouvelles qui me feraient dire : « Tiens ! Je n’y avais pas pensé ! ».
C’est le hors-limites- connues dont je parlais tout à l’heure.

C’est pouvoir ouvrir le chemin du désir, (exemple de la patiente qui reconnaît en elle le désir de ne rien faire…) c’est laisser monter une sève nouvelle qui ne nous fera pas autres mais réellement nous-mêmes.

- A devenir responsable :

Ne dit-on pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions ?
Elargir son champ de conscience, c’est quitter le « faire consciencieusement » ou « faire pour se donner bonne conscience ».
C’est parfois reconnaître que l’on est « enfermé… dehors » !
Qu’il n’y a pas de place dans la vie pour le JE du dedans.
Ne pouvant rien s’approprier, comment l’être pourrait-il donner à partir de lui ?

Cultiver la réceptivité c’est entrer en contact avec nos forces vives, nos besoins, nos désirs, c’est, nous l’avons vu,reconnaître nos manques, nos pauvretés, nos limites.
Qu’est-ce que je vais faire de mes découvertes ?
Pourquoi (en un seul mot) je fais, je donne, je dis oui ou non etc. peut devenir POUR - QUOI ?

C’est l’instant évoqué au début, l’instant du choix et de la responsabilité.

Faire des choix c’est prendre des risques peut-être, mais c’est prendre une responsabilité.

C’est donner une orientation à sa vie,

C’est souvent commencer à lui donner un sens,

C’est commencer à parler au nom de « JE » !

C’est « personnaliser » sa conduite.

Nous avons tous une « originalité » à découvrir, à faire parfois respecter et donc à développer la hardiesse et l’assurance de soi pour l’assumer.

- A faire alliance entre « le JE du dedans et le JE du dehors » [5] :

Prenons un exemple : la réceptivité permet d’accueillir mon JE du dehors en colère, parce que mon époux ne fait pratiquement jamais les courses !
Après un exercice de réceptivité en rapport avec cette situation, je découvre, en fait, que mon JE du dedans « estime » que mon mari ne sait pas faire les courses… comme je veux !
Et donc que c’est beaucoup mieux fait… si c’est moi ! L’envers de la médaille a parfois beaucoup plus d’importance que l’endroit.

Pouvoir prendre conscience des deux faces de la médaille permet de faire un travail de réconciliation entre les deux facettes de mon JE.
Autres exemples : C’est faire alliance par exemple, entre une fragilité intérieure et un « paraître » fort à l’extérieur, entre une attitude de joyeux luron et une détresse cachée…

C’est créer des liens, pour l’élaboration d’un JE sincère et libre.
C’est relier en soi ce qui est divisé.

5.2 JE face à un TU :

Le travail de réceptivité qui ME fait découvrir comme un JE, unique, désirant, limité, voué au manque, faillible, responsable etc., m’ouvre les yeux, les oreilles, les sens, à l’autre devant moi.

Et je peux commencer à voir l’autre comme un JE, différent de moi, unique, désirant, limité, voué au manque, faillible, responsable etc.

Mais, justement parce qu’il est unique, il n’a pas les mêmes désirs, les mêmes limites, les mêmes manques, les mêmes failles, la même façon de se sentir responsable parce qu’il ne fait pas les mêmes choix ou n’a pas le même système de valeurs quemoi !

Quand JE commence à prendre sa place par le langage correspondant au champ de conscience atteint, sa parole justement (parce qu’elle est de plus en plus juste), permet à l’autre de sentir que JE lui « donne » la possibilité de prendre la sienne.(La parole situe. Ex : Je me sens coincée dans ce système familial du repas obligatoire dominical et j’aimerais prendre du temps pour moi…
Que puis-je faire ou plutôt en dire ?)
Je dis « possibilité » parce que l’équilibre premier qui fait le NOUS, déstabilisé par le changement de l’un peut perturber l’autre…

« J’ai choisi d’être avec toi PARCE QUE… » ( professionnellement, maritalement, amicalement etc…)
Mais maintenant, est-ce que JE peux continuer le chemin avec toi BIEN QUE…

La rencontre de deux JE n’est pas simplement un système binaire : il y a JE, il y a TU et il y a tellement de choses entre les deux : l’histoire, de la famille, du clan, l’inconscient individuel, collectif …)

Quand nous disions au début que JE est structuré par le monde extérieur, nous pouvons ajouter ici que JE, peut continuer à s’accomplir, à devenir plus COMPLET, plus conscient, plus unifié, parce qu’il a un TU face à lui.
C’est le comportement de l’autre que je reçois et qui « résonne » en moi positivement ou négativement qui fait surgir colère ou joie, jalousie ou valorisation de soi.

L’autre est parfois « l’adversaire nécessaire » pour mon édification, pour mon évolution.

Le mot adversaire peut s’entendre, aussi, comme « autre versant »… de moi ! L’autre, en face de moi, peut réveiller ce versant de moi, endormi, que je ne connaissais pas, que j’avais refoulé, et dont je prends conscience.

J’ai à accueillir les situations de conflits non pas comme une guéguerre mais comme une occasion de grandir à deux.

La colère, la jalousie, … Ce n’est pas l’autre qui met « ça » en moi ? Ces énergies font partie du potentiel présent en chacun de nous. La réceptivité permet de les reconnaître, de les prendre en mains, de les « retourner », pour les mettre au service d’une créativité épanouissante pour soi et pour soi AVEC l’autre.

C’est la réceptivité qui permet de ne pas confondre personne et comportement, qui permet de découvrir l’être derrière le « par-être », qui permet la communication non violente comme nous l’avons vu lors de la session sur la colère.

JE et TU non confondus, permettent l’élaboration d’un NOUS, reflet d’une alliance… d’une « reliance »… Ce terme, qui m’est venu à l’esprit, indique une mise en route, quelque chose en devenir…
C’est un travail au quotidien…
Certain parle d’un sacré travail…
Quand nous évoquions tout à l’heure une verticalisation subtile qui se mettait en place, ne peut-on pas faire le rapprochement avec le nom des premières vertèbres : le sacrum, et dire alors que c’est peut-être un travail sacré qui nous attend ?

6. L’attitude du thérapeute :

Le praticien est d’abord un JE.
Avec son patient il est avec un TU.

Tout ce qui a été évoqué plus haut concernant le patient peut être repris au compte du praticien.

Mais tout d’abord : si le thérapeute désire faire entrer le patient dans l’expérience de la réceptivité, la moindre des choses est qu’il l’ait lui-même intégrée, et qu’il continue à en faire l’expérience puisque ce n’est jamais fini !
Tout est toujours nouveau pour qui sait se rendre disponible au mystère de l’instant.

6.1 JE suis unique :

J’ai à ma disposition une méthode que j’apprécie, dont je découvre au fur et à mesure de ma pratique les bienfaits mais aussi les limites.
Cette méthode que j’enseigne, elle « passe par le filtre » de ce que je suis, et ma façon de la présenter au patient est le reflet de comment je l’ai intégrée.
Cette intégration, cette appropriation de la méthode permet de ne pas en être esclave mais plutôt au service d’une expérience initiante pour soi et pour les patients . Simplicité, Souplesse et Sincérité, (« les 3S »), c’est aussi pour le thérapeute.

6.2 JE suis limité :

Reconnaître nos limites n’est pas un handicap mais plutôt un gage de sécurité pour nos patients.
Nous ne pouvons les emmener que là où nous sommes allés.
Le chemin est forcément long. Chemin de métamorphose et de maturation où chaque marche de l’échelle « vertébrale » n’est pas une limite définitive, mais une limite à dépasser, à la mesure du désir d’avoir accès à soi.

6.3 J’ai à accepter le manque :

N’être pas tout pour le patient.
Prendre soin de l’autre n’est pas le prendre en charge.
Vouloir lui enlever sa souffrance serait lui enlever une part du chemin qu’il a à faire.
Entendre parfois que ce qui lui fait mal, ne lui fait pas forcément tort…
Bien sûr ce travail nous apporte beaucoup et sans nos patients nous n’existerions pas en tant que thérapeute.
Mais nous n’avons pas à être comblés par nos patients.
Nous devons être réceptifs à ce qui est le meilleur pour la personne qui vient nous voir, et ce n’est peut-être pas le Vittoz… C’est la « laisser aller », quand le moment est venu, vers l’autonomie… sans nous !
Accepter de manquer… de patients.
Laisser la Vie nous parler et entendre.

6.4 Le patient est « TU » en face de moi :

Il est aussi un JE .
Tout ce que nous avons vu tout à l’heure à propos de JE et TU peut être repris ici.
Nous avons à « consentir » au chemin de notre patient.
A nous sentir AVEC lui, à ne pas avoir de projet sur lui, à ne pas « projeter » quelque chose de nous sur lui. L’accompagnement en supervision est nécessaire pour ne pas nous enfermer dans notre petit monde, avec notre petit moi.

La réceptivité à moi-même, dans la relation thérapeutique, me permet d’être à l’écoute des émotions, des mouvements intérieurs que provoquent en moi cette rencontre et donc de nommer le contre-transfert qui répond au transfert du patient sur moi.

6.5 Pour terminer :

La réceptivité permettant de renouveler l’attention, nous terminerons en évoquant l’attention que nous pouvons porter à trois attitudes qui me paraissent essentielles : pratiquer la circoncision, la chasteté, l’humilité.

La circoncision. Du langage… et du cœur.
Cela va plus loin que la concision du langage.
Elle permet d’instaurer des espaces de silence, pour que le patient puisse, dans sa chair, vivre ses émotions, pour ensuite les libérer par la parole et ainsi se libérer lui-même.
Nous avons à l’accompagner à son rythme, à la mesure de ses prises de conscience, à la mesure de ses résistances, voire de ses refus. Cela demande de la patience, cela demande du temps.

La chasteté. Qui n’est pas ici, la continence au niveau sexuel qui figure dans notre code de déontologie.
Le mot chasteté est pris ici comme étymologiquement le contraire de : inceste.
C’est sortir de l’état fusionnel, de la confusion originelle, où la différence n’existe pas.
Cet état fusionnel est unmonde où le temps et l’espace n’existent pas, un monde de coïncidences, sans faille, sans rupture, sans différence, ou l’échec ne peut pas exister.
C’est accepter, au contraire, un monde de séparation où l’on peut construire sa relation à l’autre dans la différence qui structure.
C’est se refuser à une volonté de transparence qui voudrait tout dire de soi ou tout savoir de l’autre.

JE L’AUTRE :

Le mystère de chacun

L’humilité. Elle n’est pas le fait de s’écraser ou ignorance de ce que l’on est.

Elle est réceptivité à une façon d’être juste entre impuissance et audace, entre force et faiblesse, entre pesanteur et grâce, entre notre part et celle de l’autre.

Elle est de sentir plus « justement » quelle est notre vraie place, ici et maintenant et de l’accepter.

Danielle Gréhant

[1] « Le MOI est à la fois le siège et l’ensemble des motivations, des perceptions, de la conscience et des actions de l’individu, qui conditionne son adaptation à la réalité. Ce n’est pas une entité psychique, mais un processus, qui englobe la conscience etqui est aussi pour une grande part inconscient. » ( Cf dictionnaire de psychologie)

« Le JE est le niveau de conscience d’existence et d’être en relation au monde. C’est le lieu de la décision. (M.LIEGEOIS – session sur la sexualité. – Le Mans )

[2] Remarque de F. Cousin : JE me sens…. JE est sujet, MOI est objet !

[3] François Paul Ledoux – L’unité de la personne par le développement de la réceptivité - Thèse de doctorat en médecine (21-02-1930 Paris) – p. 13

[4] Roger Vittoz – Notes et pensées (1955) - Editions Téqui (1992) - p.69

[5] Expression utilisée par J. Casterman dans : Les Leçons de Durckheim.

Situation de l’élimination dans la méthode Vittoz, par Colette Corm.

Vittoz définit l’élimination comme le moyen de faire disparaître une idée du cerveau, et propose pour cela des exercices spécifiques ; c’est un procédé direct, qui s’attaque franchement à l’idée, situé classiquement après les exercices de concentration.

En effet, nous allons voir rapidement comment toutes les étapes précédentes contribuent à sa mise en place en parcourant quelques pages du " traitement ".

La réceptivité :

- " la conscience exacte empêche toute distraction "

- " la conscience vraie exclut toute incertitude "

La réceptivité en mettant en valeur les sensations précises de l’instant présent, met spontanément, au moins pour un instant, les pensées de côté.

Les actes conscients : " ce sont des coups de frein répétés qui arrêtent un instant toute pensée ".

Le contrôle des idées : Vittoz propose de faire plusieurs fois par jour un examen rapide de tout ce que l’on sent et pense.
" Le malade verra alors qu’il existe certaines pensées qu’il doit écarter ".

La concentration : " c’est la faculté de suivre le développement d’une idée sans se laisser distraire ".

Si l’on prend l’exemple du UN : il s’agit de rassembler mentalement toutes ses pensées en une seule : UN.
C’est à dire que l’on élimine par le fait toute autre pensée que le UN.
" Par son action directrice, elle pourra lutter contre toute idée dominante ".
Nous constatons que la concentration a un impact plus fort que la réceptivité quand il s’agit de mettre de côté un état indésirable et les pensées qui l’accompagnent.

L’élimination : Tout ce qui précède permet de s’attaquer maintenant directement à l’idée .

Nous aurons d’une part des exercices d’élimination totale, d’autre part des exercices de choix.
La capacité d’opérer un choix et de s’y tenir va être indispensable lorsqu’on abordera l’acte de volonté et le renoncement qui lui est souvent associé.

Dans le traitement psychique à proprement parler, il ne s’agira plus de vouloir éliminer de façon directe, mais plutôt de faire un accueil en profondeur de notre réalité émotionnelle, et de laisser s’opérer une élimination progressive.

Colette Corm
Médecin psychiâtre


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